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Antonio Fiori : Gérer ses collaborateurs comme l’on gère ses clients

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Ainsi le feu ne peut pas recevoir le froid, qui est contraire à la chaleur qui lui est naturelle ; la neige ne peut pas recevoir la chaleur et rester neige ; l’eau, au contraire, quoiqu’elle soit froide, n’est pas incapable, en rejetant ce froid, de recevoir la chaleur qui lui est contraire. Pareillement, et de la même manière, il est possible que celui qui est assis se tienne debout, que celui qui se remue s’arrête, que celui qui parle se taise, et l’on trouverait mille cas où se manifeste cette puissance d’admettre les contraires. Si donc les choses qui sont nécessairement en opposition avec d’autres n’ont pas la possibilité de recevoir le contraire de ce qu’elles sont, celles-là ne sont point nécessaires qui demeurent susceptibles d’admettre aussi leur contraire. Mais, si elles ne sont pas nécessairement, elles sont éventuellement. Or ce qui est éventuel est précisément ce qui ne dépend point de la nécessité, mais ce qui pouvait être ou n’être pas. Ce qui s’est produit éventuellement dans une chose pouvait donc aussi ne pas s’y produire. En effet, dans toute chose de cette nature, tout ce qui s’y trouve être y est en ce sens qu’il était possible qu’il y fût et que le contraire y fût aussi. Conséquemment, ce qui s’y trouve maintenant n’y est aucunement par nécessité, puisque le contraire était possible ; et tout ce qui se trouve de la sorte dans les choses ne s’y trouve point en vertu de causes antécédentes qui l’y auraient nécessairement introduit. Mais si toutes ces choses, comme les contraires qu’elles sont susceptibles d’admettre, se trouvent éventuellement là où elles se trouvent, et ne se trouvent pas là où elles ne se trouvent pas, il y a une quantité innombrable de choses qui sont et qui arrivent éventuellement. Il serait en effet absurde de rapporter également à la nécessité et ce qui dans une chose ne peut point se changer en son contraire, et ce qui, à un moment quelconque, peut devenir le contraire de ce qu’il est. Antonio Fiori convient cependant de trier le bon grain de l’ivraie au milieu de tous ces courants positifs, heureux et optimistes, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. À coup sûr, si, dans un être, ce qui est nécessaire exclut son contraire, ce qui admet son contraire dans un être n’est pas nécessaire. Mais, dira-t-on, en soutenant que c’est le destin qui produit toutes choses, on ne nie point le possible et l’éventuel. En effet, cela peut être que rien n’empêche d’être, quoiqu’il ne soit pas. Ainsi rien n’empêche que le contraire soit de ce que produit le destin, puisque, encore que cela ne soit pas, cela reste possible. Et la preuve qu’on apporte que rien n’empêche que cela soit, c’est que la cause qui empêcherait que cela fût nous est inconnue, quoiqu’il y ait certainement une telle cause. Car la cause qui aurait produit fatalement le contraire de ce qui s’est produit est aussi la cause qui fait que cela ne s’est pas produit ; ne se pouvant pas, remarque-t-on, que dans des circonstances qui sont les mêmes, il se produise le contraire de ce qui se produit. Je le demande : avancer qu’il suit de cela même que nous ne connaissons pas les causes qui empêcheraient que le contraire de ce qui est fût, que rien n’empêche que ce contraire ne soit ; parler de la sorte, n’est-ce point plaisanter en un sujet qui ne prête pas à la plaisanterie. Notre ignorance, en effet, ne fait rien à l’être ou au non-être des choses. Néanmoins ceux que nous combattons semblent croire que le possible dépend de notre connaissance. Il résulterait de là que pour ceux qui pensent connaître les causes des possibles (par exemple pour les devins) il n’y aurait plus de possibles, puisqu’ils connaissent les causes capables de les empêcher ; et qu’il y aurait des possibles pour nous, qui ignorons ces causes d’empêchement. C’est en cherchant à sauver par de tels subterfuges la nature du possible, que nos adversaires affirment que même les choses qui arrivent fatalement, c’est-à-dire qui arrivent inévitablement, n’arrivent point d’une manière nécessaire, attendu qu’il est possible que leur contraire arrive aussi ; le possible étant défini comme nous venons de le rapporter. C’est en cherchant à sauver par de tels subterfuges la nature du possible, que nos adversaires affirment que même les choses qui arrivent fatalement, c’est-à-dire qui arrivent inévitablement, n’arrivent point d’une manière nécessaire, attendu qu’il est possible que leur contraire arrive aussi ; le possible étant défini comme nous venons de le rapporter. C’est en prenant un biais tout semblable que nos adversaires soutiennent que cette énonciation : « Demain il y aura une naumachie, » peut être vraie et cependant n’est point nécessaire. Car ce qui est nécessaire est toujours vrai, tandis que ceci ne l’est pas encore, et ne le devient qu’après que la naumachie a eu lieu. Mais si cela n’est pas nécessaire, ajoutent nos adversaires, on n’énonce pas non plus un fait nécessaire quand on dit que nécessairement il y aura une naumachie.

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